04/02/2014

Living like Harry Potter, part 1

Tout le monde parle du 9 février en Suisse. Qu’est-ce qui va se passer s’ils adoptent l’initiative de l’UDC, quelles seront les conséquences pour la Suisse? Je ne suis ni politicienne, ni économiste, mais j’ai vécu l’expérience de la limitation des permis et de l’introduction des contingents dès le début, et je me pose la question un peu autrement: qu’est-ce qui va se passer avec la Suisse, et qu’est-ce qui va se passer avec nous, les étrangers?

 

Living like Harry Potter


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Je suis étrangère. Hongroise. Depuis plus de deux ans, je vis et travaille en Suisse. Je loue un petit studio dans une grande maison de trois étages. Mon studio est au sous-sol, tout petit, mais je l'aime bien. Quand ma famille est venue me visiter pour la première fois, mon frère m'a dit en voyant la petite pièce:

 

"Mais, tu vis sous les escaliers comme Harry Potter!"

 

Tant pis, j'aime bien être Harry Potter en Suisse! Je suis tombée amoureuse de ce pays, j’aimerais pouvoir rester. J’adore écrire, l'écriture et la langue française sont mes deux passions. J’ai eu l’idée de raconter mes expériences sur un blog, et aussi d’essayer de faire voir la Suisse un peu à travers les yeux d’une étrangère. J’ai rassemblé tout mon courage, j’ai envoyé mon blog à 24heures, et j’ai eu l’énorme chance de pouvoir commencer à écrire sur leur site! Cette possibilité est très précieuse pour moi! Alors me voilà devant mon ordi, racontant tout d’abord, pourquoi suis-je ici, comment suis-je venue?

 

Where do you see yourself five years from now?

 

Here.

 

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J’aimerais reconstruire ma vie ici, en Suisse. Je m’appelle Nóra, j’ai 27 ans, et comme je l’ai dit, je suis d’origine hongroise. Je viens d'une petite ville de 12000 habitants au Sud-Ouest de la Hongrie. J’ai fait l’université en Hongrie, je suis professeur de français, je travaillais dans deux écoles de langues à côté de mes études. J’ai un grand frère, il est très important pour moi. Mes parents travaillent les deux à la mairie de ma ville d'origine. Mon frère habite et travaille à Budapest, là où je vivais et travaillais avant. C’est les trois personnes dans ma vie pour qui je serais prête à tout faire.

 

J’ai fini mes études en juin 2011, j’ai un Master en langue et en littérature française avec une formation de professeur de français. J’aimais beaucoup enseigner, mais j’avais toujours le plan de partir à l’étranger après avoir fini mes études. J’adorais l’idée de pouvoir vivre dans un pays francophone et d’être obligée d’utiliser la langue française tous les jours, tout le temps. Voilà comment je suis arrivée en Suisse, le 24 août 2011. Pendant une année, j’étais aupair, je gardais deux filles de 4 et de 7 ans. Je les adorais. Cette année m’a beaucoup apporté et la Suisse est devenue très précieuse pour moi. Je me suis rendue compte de deux choses: je voulais rester, mais en même temps je savais que ce serait super difficile de trouver ma place ici. Pourtant, je me suis dit: "Aki mer az nyer. " C’est en hongrois. En français cela veut dire: qui ne risque rien n’a rien.


Alors voilà. C'était le début de mon histoire. Et c'était loin d'être fini....

 

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Commentaires

Il était une fois...une étrangère qui aimait un coin du pays d'ailleurs, un pays où les gens vivaient à la fois dans la peur de l'étranger et le bonheur de partager avec ces mêmes étrangers ce coin du pays d'ailleurs. Elle s'installa donc dans un bunker, au sous-sol d'un immeuble, pour jouer à l'esprit hérisson des gens du coin du pays d'ailleurs. Elle aimait bien son petit bunker qui lui permettait de respirer en liberté. Mais qui n'a jamais réussi à respirer de l'air pur dans le paradoxal enfermement helvète? A la fois vivant pour eux-mêmes, sans bruit, presque en cachette, retirés des grandes affaires du monde, et à la fois vivant pleinement dans le monde, exportant leur matière grise avec un immense succès, oeuvrant à la démocratie dans le monde et à l'ouverture des frontières et des cultures. Le coin du pays d'ailleurs plaisait donc à cette jeune fille qui aussitôt mis en pratique la culture du bunker en habitant ce tout petit studio dans le sous-sol d'un immeuble de trois étages.

Bienvenue chez les bunkerisés, Nóra. Vous avez déjà saisi l'esprit suisse. Puis-je vous souhaiter d'y trouver votre place durable parmi nous? Rien n'est jamais acquis. Il était une fois une étrangère qui aimait bien un coin du pays d'ailleurs et qui ouvrit un blog pour informer ses habitants qu'elle avait des choses à dire depuis son bunker. Plein succès à votre aventure blogueuse.

Écrit par : pachakmac | 04/02/2014

Merci beaucoup Monsieur pour votre commentaire! Vous avez vraiment bien saisi l'essentiel. Personnellement, je trouve que la Suisse est vraiment un pays difficile pour les étrangers, mais je respecte beaucoup ce pays...J'ai encore un long chemin à faire, et j'ai beaucoup à apprendre. J'essaie de trouver ma place ici, en espérant pour nous, les étrangers, que cette place existe en dehors de nos "bunkers" aussi.

Écrit par : kutnora | 05/02/2014

oh comme je trouve Pachakmac un peu dur.
Il existe également pleins de citoyens Suisse et de Suisse ouverts au monde, aux autres, ne souhaitant que profiter du paysage et de l'air, presque pur.
L'esprit bunker n'est pas le seul que l'on trouve ici.
Ne lui faites donc pas trop peur. Il n'y a pas que des UDC qui vivent en Suisse, heureusement.
Nous vivons une période critique, pleine de remise en question. Cela entraîne vagues et remous. Cela passera. Elle est bien placée, étant Hongroise, pour savoir que quand la situation est difficile, le replis sur soi et la recherche de boucs émissaires est une réaction fort courante malheureusement.
Mais qu'elle ne se fasse pas de soucis, les gens formés et instruit ne risquent qu'une chose ici, trouver un job et le bonheur. Ce ne sont pas eux qui doivent se faire du soucis ;o)
Bon courage, tous ici n'ont pas eu la chance de garder leur blog sur 24heures...

Écrit par : Lefredo | 05/02/2014

"les gens formés et instruit ne risquent qu'une chose ici, trouver un job et le bonheur." Ah oui vraiment ? Là, on a appris qqch sur vous, lefredo...
Ne pensez-vous pas que le bonheur ne se met pas en conserve ainsi ? Christina Onassis s'est suicidée vers 40 ans...

Écrit par : Géo | 05/02/2014

@Géo
Laissez tomber, vous êtes exactement dans l'état d'esprit de ceux qui vivent en bunker.
Sortez profiter un peu du soleil, cela vous fera du bien...

Écrit par : Lefredo | 06/02/2014

Ciel, vous m'avez découvert ! Le Concombre masqué alias Géo...
(Heureusement, il n'y a pas (encore) des éléphants qui jouent au bowling à l'étage en dessus...)

Écrit par : Géo | 06/02/2014

Bonjour Lefredo. j'imagine que Kutnora à déjà rencontrer ces Suisses ouverts sur le monde. Nous sommes un peuple généreux derrière notre façade un peu froide d'apparence. Et la plupart de nos étrangers ne se plaignent pas de notre accueil, au contraire de la France, par exemple.

Belle fin de journée.

P.S. Nóra, la blogosphère est un monde à part. Il est possible de parfois se faire haïr par des trolls insipides. Ce n'est pas grave si cela vous arrive. Il y a beaucoup d'autres personnes aimables qui vont vous suivre désormais. Alors allez-y. Donner le meilleur de vous-même. Le blog est une belle aventure pleine de rebondissements et d'altruisme.

Écrit par : pachakmac | 06/02/2014

"Nóra, la blogosphère est un monde à part. Il est possible de parfois se faire haïr par des trolls insipides."
Ouais, tu parles. La blogosphère me parait très proche de la réalité. Dès qu'une jeune femme attirante débarque, on voit des vieux dragueurs bien relous venir jouer les paternalistes...

Écrit par : Géo | 06/02/2014

Kutnora @ Mon commentaire répondait au précédent, signé pachakmac.
"Nóra, la blogosphère est un monde à part." --> "La blogosphère me parait très proche de la réalité."
"Il est possible de parfois se faire haïr par des trolls insipides." --> "on voit des vieux dragueurs bien relous venir jouer les paternalistes..."

Écrit par : Géo | 08/02/2014

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