16/02/2014

In the shadows, part 3

L'histoire de mon amie qui a traversé un burnout.

Part 3

And then…

Après ma démission, je croyais vraiment que j’allais pouvoir reprendre un travail bientôt, mais à chaque fois j’étais obligée de décaler, parce que je n’avais pas assez de force. J’ai eu besoin d’un an pour aller mieux et pour retrouver des forces, et aujourd’hui je suis à 60% de mes forces. L’énergie, c’est ce qui met le plus longtemps à revenir, le corps a besoin de plus de temps.

Ça sonne peut-être bizarre, mais je suis même contente de mon burnout, parce que j’ai dû apprendre à mieux me connaître, il m’a aidé à savoir ce qui était le mieux pour moi. Et je ne parle pas seulement du côté professionnel. Pourtant, ça m’a beaucoup aidé professionnellement aussi. J’ai fait du coaching professionnel, et maintenant je sais ce que je veux.

Et d’autres aides?

Au niveau de ma personnalité, j’ai appris beaucoup de choses, grâce à un suivi avec une psychologue. Aujourd’hui je me connais beaucoup mieux. Ce qui m’a aussi aidé, c’est le fait d’être entourée de ma famille, de mes amis. J’ai trouvé du soutien auprès d’eux, je me sentais moins seule. La prière des autres a aussi beaucoup accéléré le processus de ma guérison. 

Some advice for the ones who read this?

C’était une période très difficile à traverser, mais en fait mon burnout m’a fait beaucoup de bien. Je me sens plus libre qu’avant, je sais plus ce que je veux faire, et ça m’a poussée à déménager dans une région où je me sens mieux. Des fois j’avais l’impression que je perdais du temps avec cette maladie, mais en fait je pense que je vais gagner du temps pour mon avenir. Et voilà ce que je trouve le plus important dans nos vies:

Il faut oser écouter ce que l’on a envie de faire au fond de son cœur.

Alors voilà son histoire, qui, selon moi mérite du grand respect. Souvent les gens n’osent pas parler de leurs difficultés. Ils ont peur d’être jugés, d’être traités comme des "faibles". Je pense que c’est une grande erreur. Tout le monde a le droit d’avoir des périodes difficiles, tout le monde a le droit de perdre ses forces, et surtout, tout le monde a le droit de retrouver son chemin. Mon amie qui m’a raconté son histoire m’a également montré une vidéo-témoignage d’une manager qui, elle aussi, a aussi eu un burnout. Elle a souhaité partager son histoire dans cette vidéo afin d’empêcher d’autres personnes de tomber dans le même piège.

«I don’t want you to go there! Dare be vulnerable, don’t use the power mask, dare be vulnerable, you’re good enough! Listen to your inner voice. Love yourself, for who you truly are, no matter what, because you’re great.»


Ah ouais, avant que j’oublie! L’humour peut beaucoup aider dans des situations difficiles. C’est quelque chose que la vie commence gentiment à m’apprendre…Like in the Pink song: "Why so serious?".

So, it can really happen to anyone to get burned out. Recently, I have a lot of problems as well, and sometimes I just can’t find the answers, or the solution...But I keep telling myself that there must be a solution somewhere…And when I am scared, I always end up watching this video. Makes me smile in the bad times…It’s good to know that if we freak out, at least, we can always do it in style…


15/02/2014

In the shadows, part 2

L'histoire de mon amie qui a traversé un burnout.

Part 2

La dernière goutte

surchargement.jpegMon verre était gentiment en train de se remplir. J’ai vécu une restructuration de l’équipe marketing, et on m’a promis un nouveau poste. Je pensais que ce poste allait être plus adapté, mais il a été décalé. Du coup, je me suis retrouvée entre deux jobs. Je faisais mon ancien job à 50%, et le nouveau job à 50%. La transition était beaucoup plus longue que ce que je m’étais imaginé. J’attendais beaucoup mon nouveau poste, car je ne me sentais pas à ma place dans l’ancien. Au bout d’un moment, je n’avais plus de patience, je devais jongler entre ces deux jobs, et tout ce que je je ressentais c’était de la frustration et de la fatigue. C’était cette transition qui était la dernière goutte qui a fait déborder le vase. Et le burn-out s’est déclaré...

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CLASH

En novembre 2012, mon médecin de famille m’a mise en arrêt maladie pendant deux semaines, à 100%. Il m’a également envoyée chez un psychothérapeute. Après deux semaines, je suis retournée au travail à temps partiel, je travaillais encore 1 mois et demi. J’avais beaucoup de mal à gérer la situation avec mes collègues, je parlais très peu avec eux de tout ce qui se passait. Et très peu me posaient des questions. J’avais l’impression que mes collègues me jugeaient. Certaines personnes ont l’air de penser que l’on peut toujours se forcer, et que le burnout est un signe de "faiblesse". Moi, j’ai appris une chose pour toute ma vie: si tu n’écoutes pas qui tu es, au bout d’un moment c’est ton corps qui va réagir. Si tu ne te dis pas stop, à un moment donné c’est ton corps qui va te dire STOP. Si tu fais l’inverse de qui tu es, au bout d’un moment ça fait un clash, ce qui t’empêche même de faire le minimum.

Pendant cette période j’ai beaucoup réfléchi, parce que je n’allais pas bien du tout, et finalement j’ai décidé de démissionner.

Là, j’ai senti que je respirais à nouveau.

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Finding the answers

Quelle était la vraie raison pour la quelle je me suis retrouvée dans cette situation? Notamment parce que je ne m’écoutais pas assez. J’avais très souvent la tendance de m’adapter à mon environnement. Pourtant, j’avais un job qui n’était pas adapté à qui j’étais. Il y avait en plus une surcharge de travail, et j’étais dans une culture qui ne me convenait pas complètement. J’avais aussi un manque d’équilibre entre le travail et ma vie personnelle, un manque de sport, d’activités un peu FUN, un manque de relations. Mon travail était au centre de ma vie. A travers cette histoire, j’ai appris que moi aussi j’avais une valeur, et je ne suis pas obligée à chaque fois de m’adapter aux autres. En fait, ce burnout m’a fait beaucoup plus de bien que de mal...

14/02/2014

In the shadows...part 1

Alors, comme je l'ai promis, voici le témoignage de mon amie qui a traversé un burnout et qui m'en a parlé. J'aimerais publier l'article en 3 parties, c'est un sujet vraiment actuel et intéressant, je vous invite à le lire!

In the shadows... part 1

Je l’attends dans l’arrêt de bus. Elle est vraiment fiable, elle arrive pile à l’heure, elle est très élégante. Elle est grande, mince, et elle a un gentil sourire. Une vraie femme. Elle a 30 ans, elle est d’origine française. Elle sait ce qu’elle veut. Son but est de pouvoir travailler dans une ONG (organisation non gouvernementale), dans le domaine de la communication et du marketing. Quand on se parle, j’ai l’impression qu’elle dégage une certaine quiétude de l’âme. Pourtant, ce n’était pas toujours le cas. On est là pour qu’elle me raconte son histoire. Son histoire de burnout. Elle en parle maintenant très ouvertement, mais elle a traversé une période vraiment difficile. On lit plen d’articles à ce sujet, on connaît plein de définitions du burnout, mais je lui demande de le décrire avec ses propres mots.

part_1_1.jpg«Le burnout? Pour moi? C’était un complet épuisement. Un épuisement qui est autant physique que psychologique, ou en tout cas émotionnel. C’est comme si un "rien" t’épuisait. C’est un manque de motivation, une perte d’envie d’entreprendre des choses. Et ça peut à la fin amener à un état dépressif, avec des pensées négatives. En tant que personne, je suis assez observatrice, j’aime bien profiter des petits bonheurs de la vie, et pendant cette période, j’ai complètement perdu cette envie. J’avais perdu quelque chose de moi.»

 

It starts with: one thing…

Sa famille est venue habiter en Suisse romande quand elle était jeune, depuis ses 18 ans elle vivait en France toute seule. Elle a fini ses études en 2006, elle a un Master of Arts in Communication Management. Elle est arrivée en Suisse allemande en été 2010, elle a commencé à travailler dans une grosse entreprise internationale à Zurich. C’est là que son histoire a commencé, et elle m’a tout raconté…

Souvenirs de cette époque

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Au départ, je sentais une grosse fatigue. Je parle d’une fatigue physique. J’avais par exemple du mal à faire du sport aussi longtemps qu’avant. A l’époque, je suivais des cours de danse, et aux cours, je n’arrivais plus à tenir une heure. Faire des courses, faire à manger, même les choses quotidiennes ont commencé à me fatiguer. Un temps j’ai eu aussi des problèmes de sommeil. Je me réveillais pendant la nuit, j’avais du mal à m’endormir.

C’est l’envie qui est partie

burn out.jpgDans mon travail, j’avais besoin d’une concentration intense, mais j’ai commencé à avoir des difficultés à me concentrer. J’avais besoin de pauses plus souvent, je devenais fatiguée plus vite. Ce qui m’a beaucoup surpris, c’est que j’ai commencé à ressentir une certaine irritabilité. Je ne supportais pas bien d’être avec beaucoup de monde, je n’avais plus envie de parler avec mes collègues. C’est l’envie qui est partie. J’avais également des difficultés à planifier les choses. Cela m’a pris énormément d’énergie de devoir organiser quelque chose pour le travail, et je n’avais plus trop envie. J’avais du mal à faire plusieurs choses en même temps, ça me stressait si le téléphone sonnait ou si je devais passer un coup de fil.

 

Je ne me rendais pas forcément compte, mais à ce moment-là, j’étais déjà très proche du CLASH.