29/05/2014

BLENDER

Un jour férié, quand enfin j’avais la possibilité de dormir un peu plus, et de passer la matinée tranquille. J’ai fini par regarder un film sur l’internet. Pas un thriller super intéressant, ni un drame très sérieux avec un message profond, juste, une simple comédie, qui m’a pourtant fait beaucoup réfléchir. Surtout une citation. But we will get there.

J’ai vécu un passé qui fait que souvent j’avais le sentiment que rien n’était jamais assez pour que je sois vraiment appréciée. Par contre, au bout d’un moment, il faut prendre la responsabilité. On ne peut juste pas cacher derrière notre passé, derrière nos blessures, nos peurs. Alors, ce que la vie m’a enfin fait comprendre de se sentiment: autant il était vrai, comme je le ressentais profondément, autant il est, well, let’s just say: bullshit….

Carrière, argent, prestige. Qu’est-ce qui compte vraiment dans la vie? Ce qu’on fait, ou comment on le fait? Enfin, je vote pour le deuxième. So about that quote: dans ce film, il y a deux mecs qui perdent leurs jobs, et ils se retrouvent dansla M.L’un des deux recommence un nouveau travail, mais ce n’est pas du tout ce qui l’intéresse ou ce qu’il aimerait faire dans la vie. Puis il y a l’autre qui débarque dans le magasin où son ami travaille avec un énorme speech, something like: "if you really want it, go for it"! C’est à ce moment-là qu’ils décident de postuler chez Google comme stagiaires. Tout ce qu’ils savent c’est qu’ils ne savent rien de l’informatique, ils se sentent complètement incompétents face aux autres candidats venants des meilleures universités etc., mais ils veulent y arriver. Puis ils ont un interview via skype avec l’entreprise, et ils doivent répondre à la question suivante:

"You are shrunken down to the size of nickels and dropped to the bottom of a blender. What do you do?"

Ils trouvent la réponse trop facile, ils disent qu’ils attendraient tout au fond du mixer jusqu’à ce qu’il s’arrête, et ensuite ils sortiraient tranquillement. Les collègues de Google leur dit alors comme quoi c’est un mixer qui ne s’arrête jamais. Voilà leur réponse:

"Respectfully I got to disagree. We sold blenders and even the best models in the world are only gonna run maybe 10 or 11 hours. So we’re getting out and when we do we’re better off for it because whatever doesn’t kill you makes you stroner. It’s not so much getting out of the blender, it’s what happens next. That’s the question. You’ve got two nickel-sized men free in the world. Think of the possibilities."

Pour finir, Google les engagent pour un stage d’été, et à la fin, après un long combat, ils seront engagés définitivement.

Bon, ce film était un peu une 'publicité' pour Google, et on sait très bien que la vie réelle n’est pas si facile que ça, mais ce que je comprends bien maintenant, c’est cette mentalité. La mentalité que je n’avais pas avant, la mentalité que la vie m’a appris en ayant me donné quelques énormes gifles en très peu de temps. Et je sais qu’il y aura encore pas mal de gifles.

J’ai exactement le même sentiment pour l’instant ici, en Suisse, comme dans la question. Une pièce au fond d’un mixer. And finally I want to get out. Parce que maintenant je sais où je veux aller, et je sais aussi que tôt ou tard, ce mixer qui tourne super vite et fait énormément de bruit va s’arrêter. And what’s next? C’est ça qui est vraiment intéressant.

Ce que j’ai appris pendant ces deux années en Suisse:

 

Accept what you have, and make the best out of it.

Want it? Then no more excuses. Just go for it!

 

Le succès n’est pas évident, mais ce n’est même pas ça qui compte vraiment. Ce qui est le plus important, c’est le fait d’essayer, et de continuer, même après une énorme gifle. No matter what. 

 

search.jpg

25/05/2014

BUZZ

It’s been a while. Je n’ai pas écrit depuis un moment. J’attendais. Bêtement. Au départ, quand j’ai eu la possibilité d’écrire ici, je voulais le faire parfaitement, j’ai toujours raconté la vérité, mais je n’osais pas forcément tout dire, et j’attendais que ma situation soit bien stable, ainsi j’aurais pu raconter de belles histoires de la vie en Suisse. But life is not like this. Rien n’est parfait, rien ne sera jamais "parfaitement parfait", et je vous jure, si on attend quelque chose, ou quelqu’un que l’on croît parfait, on peut très bien passer à côté de tout ce qui compte vraiment dans la vie. Je ne veux plus passer à côté de l’essentiel. Disons qu’en ce moment ma situation est encore assez difficile, mais à vrai dire, j’en suis reconnaissante, et je fais de mon mieux. J’aime beaucoup écrire, alors enfin j’ai pris le courage de commencer vraiment mon blog, et écrire d’une vie pas du tout parfaite, mais d’une vie vraie. So let’s tell everything.

J’ai fait l’université en Hongrie, j’ai étudié 5 ans pour devenir professeur de français, j’ai travaillé dans deux écoles de langues pour financer mes études. Expliquer la grammaire, faire et corriger des tests, apprendre en enseignant, fouiller dans les livres de grammaire, lexique, orthographe, chercher des informations sur l’internet, apprendre des nouvelles expressions, voir l’évolution de mes élèves, les connaître de mieux en mieux, je l’adorais. La Hongrie par contre est un pays très difficile à vivre ces temps. En fait, j’en ai eu assez marre du pouvoir politique hongrois, qui est en train de détruire son propre peuple. Ça sonne triste, mais c’est la vérité. Alors j’ai fini mes études, et je suis partie.

Puis voilà,la Suisse, un pays que je respecte beaucoup, un pays que j’aime profondément, un pays où j’ai commencé à me sentir en sécurité, pour la première fois dans ma vie. Alors où est le problème?

Je commence vraiment à penser autrement. Ce n’est plus un problème, mais une difficulté à résoudre. Vous savez, je pouvais passer des heures avec la langue française, I am crazy about it, et quand je faisais mes études et je travaillais dans l’enseignement, j’avais ce petit sentiment que j’appelle mon "buzz"....Le petit sentiment qui te dis que tu fais quelque chose que tu aimes profondément. Je me suis dit, ok, je viens en Suisse, j’essaie de perfectionner mon niveau, et plus tard je vais essayer de me trouver un job comme enseignante, ou dans un autre domaine qui me plaît. Avant, j’avais vraiment ce petit buzz. J’allais à l’université, j’allais bosser, j’écrivais mon mémoire, je sortais avec mes amis, j’écrivais, j’étais vraiment comme une petite abeille. Ici, je travaille actuellement comme éducatrice, et il faut savoir que j’aime beaucoup mon groupe, je suis pas mal attachée à eux, ce n’est même pas ça, mais je me suis rendue compte de quelque chose. Ce n’est pas vraiment fait pour moi.

La parole de la chanson que j’écoute récemment beaucoup dit: 

"Now, I ain’t much of a poet but I know somebody once told me

To seize the moment and don’t squander it

'Cause you never know when it all could be over tomorrow"

And if it’s over tomorrow, I would like to do what I love today. Changer de pays sans rien au départ, c’est déjà assez intéressant. Essayer de changer complètement de métier dans un pays étranger, ça c’est très intéressant….Alors me voilà, en Suisse, dans le pays que j’aime, avec le désir de vouloir reprendre des études et d’apprendre un  tout nouveau métier. Je vais en parler prochainement. En français on dit: qui n’ose rien n’a rien. Alors je continue, j’essaie de trouver la solution. J’aimerais vraiment pouvoir trouver ma place ici, d’abord cela venait de l’amour pour le pays, mais maintenant, il y a autre chose aussi, qui est beaucoup plus important. Ça m’a pris deux ans, mais enfin j’ai trouvé des amis ici en Suisse. De vrais amis. Ils font partie de ma vie, et je n’aimerais pas les perdre. Alors j’ai presque tout trouvé ici, sauf cette petite porte professionnelle. But I keep looking. And for the first time since I am here, at least I feel, I am not alone….