16/06/2014

Let's go fishing!

Life is like fishing. C’est un ami qui me l’a dit récemment. Il faut savoir que mes amis ont pratiquement toujours raison, so there must be something with this fishing thing too. Et si je regarde ma situation, j'ai vraiment l'impression d'avoir passé mes deux dernières années en pêchant. En étant assise au bord du lac Léman, en serrant ma canne à pêche dans la main, et en attendant à ce fameux grand poisson. Je me tenais à un endroit fix, que j'ai trouvé au départ, et je n'osais pas forcément bouger. Cet endroit n'était pas trop comfortable, il pleuvait tout le temps, il y avait du brouillard donc je ne voyais rien du paysage autour de moi, et il n'y avait pas un seul poisson que je voulais vraiment, pendant longtemps, mais je suis hyper tenace, alors j’attendais. J'attendais encore et encore, puis, un jour, quand j'étais presque au bout de mes forces, je l'ai eu. Enfin, j'ai pêché un poisson. Mon poisson. Cette fois j'étais complètement sûre qu'il était pour moi. Je l'ai serré dans la main,  je l'admirais un long moment, mais enfin, je l'ai laissé partir. Et ce qui s'est passé après, c'est ça qui est vraiment génial. Mon poisson a commencé à briller dans l'eau, et tout d'un coup, j'ai commencé à voir. L'énorme surface du lac qui allait plus loin que je n'ai jamais imaginé, les arbres, de nombreux autres poissons dans l'eau, le soleil se lever derrière les montagnes, les autres pêcheurs qui attendaient aussi patiemment au bord du Léman, et qui m'ont dit un chaleureux bonjour, I started to see life around me. Donc j'ai séché mes habits au soleil, j'ai pris ma canne à pêche, et j'ai commencé à suivre mon poisson, qui, à partir de ce moment-là, me montre le vrai chemin. Et je le suis.

Life is like fishing. While fishing, I learned how to wait and be more patient, I learned to hold on, no matter how hard it is or how impossible it seems, and I learned to let go. This one was the most difficult for me. But now, I try to move forward.

J’ai bien compris maintenant cette métaphore, par contre, il faudrait que je sois un peu plus spécifique. Alors qu'est-ce qu'il m'a montré, mon petit poisson?

Il y a trois choses que j'ai toujours trouvé assez difficiles ici, en Suisse.

1. Trouver une place de parking (le weekend passé, avec ma meilleure amie hongroise ça nous a pris une heure et demie de trouver une seule place libre au bord du lac de Zürich, en ville c’était encore pire).

2. Trouver un logement (but impossible is just an opinion, we all know that, and I still have 2 months to prove it)

3. Bien intégrer le monde du travail suisse sans avoir un diplôme suisse.

Je voulais dès le départ reprendre des études ici en Suisse, mais jusqu'ici je n'ai pas trouvé les moyens de faire la formation qui m'intéressait vraiment. Vous savez, le truc qui vient du fond de mon coeur. And then my fish came along. Et maintenant je suis inscrite pour une formation dans le domaine des RH, que je commencerai en septembre! Je me réjouis déjà, et je vais en raconter plus très prochainement!

Je connais quelqu’un qui est capable de se lever à 5h du matin pour passer toute sa journée en attendant au bord du lac, avec sa canne à pêche dans la main. Et le lendemain, il recommence. Des fois je me suis posé la question, pourquoi? Mais maintenant je comprends.

THE fish worth waiting. Après avoir attendu deux ans, je dis franchement que je n’ai presque plus d’énergie, mais je suis mon poisson, parce que maintenant, je suis vraiment sûre, même si je me sens très fatiguée. Il faut que je retrouve mon énergie, et ça va me prendre du temps. J’ai toujours des orages autour de moi, et je sais qu’il y’en aura encore pas mal, mais chaque fois que je vois cette petite lumière briller à la surface de l’eau, je sens à quel point ça vaut la peine! Je me sens complètement rassurée. Calme. Il y avait des moments où je ne me souvenais même plus de ce sentiment. Et maintenant, petit à petit, je le ressens de nouveau.

Il y a un endroit qui me donne le même feeling. Si je peux, je visite ma meilleure amie hongroise qui habite à Zürich. En rentrant de Zürich en train, quand on est déjà assez proche de Lausanne, il y a un très grand tunnel. Tout noir. On ne voit rien, c’est long, mais tout d’un coup, c’est fini. Le train sort du tunnel, et tout est là. Je vois l’énorme lac Léman avec ses fameux poissons, et je ne pense plus à mes difficultés, je ne pense qu’à une seule chose:

LeT’s Go FiSHiNG!

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29/05/2014

BLENDER

Un jour férié, quand enfin j’avais la possibilité de dormir un peu plus, et de passer la matinée tranquille. J’ai fini par regarder un film sur l’internet. Pas un thriller super intéressant, ni un drame très sérieux avec un message profond, juste, une simple comédie, qui m’a pourtant fait beaucoup réfléchir. Surtout une citation. But we will get there.

J’ai vécu un passé qui fait que souvent j’avais le sentiment que rien n’était jamais assez pour que je sois vraiment appréciée. Par contre, au bout d’un moment, il faut prendre la responsabilité. On ne peut juste pas cacher derrière notre passé, derrière nos blessures, nos peurs. Alors, ce que la vie m’a enfin fait comprendre de se sentiment: autant il était vrai, comme je le ressentais profondément, autant il est, well, let’s just say: bullshit….

Carrière, argent, prestige. Qu’est-ce qui compte vraiment dans la vie? Ce qu’on fait, ou comment on le fait? Enfin, je vote pour le deuxième. So about that quote: dans ce film, il y a deux mecs qui perdent leurs jobs, et ils se retrouvent dansla M.L’un des deux recommence un nouveau travail, mais ce n’est pas du tout ce qui l’intéresse ou ce qu’il aimerait faire dans la vie. Puis il y a l’autre qui débarque dans le magasin où son ami travaille avec un énorme speech, something like: "if you really want it, go for it"! C’est à ce moment-là qu’ils décident de postuler chez Google comme stagiaires. Tout ce qu’ils savent c’est qu’ils ne savent rien de l’informatique, ils se sentent complètement incompétents face aux autres candidats venants des meilleures universités etc., mais ils veulent y arriver. Puis ils ont un interview via skype avec l’entreprise, et ils doivent répondre à la question suivante:

"You are shrunken down to the size of nickels and dropped to the bottom of a blender. What do you do?"

Ils trouvent la réponse trop facile, ils disent qu’ils attendraient tout au fond du mixer jusqu’à ce qu’il s’arrête, et ensuite ils sortiraient tranquillement. Les collègues de Google leur dit alors comme quoi c’est un mixer qui ne s’arrête jamais. Voilà leur réponse:

"Respectfully I got to disagree. We sold blenders and even the best models in the world are only gonna run maybe 10 or 11 hours. So we’re getting out and when we do we’re better off for it because whatever doesn’t kill you makes you stroner. It’s not so much getting out of the blender, it’s what happens next. That’s the question. You’ve got two nickel-sized men free in the world. Think of the possibilities."

Pour finir, Google les engagent pour un stage d’été, et à la fin, après un long combat, ils seront engagés définitivement.

Bon, ce film était un peu une 'publicité' pour Google, et on sait très bien que la vie réelle n’est pas si facile que ça, mais ce que je comprends bien maintenant, c’est cette mentalité. La mentalité que je n’avais pas avant, la mentalité que la vie m’a appris en ayant me donné quelques énormes gifles en très peu de temps. Et je sais qu’il y aura encore pas mal de gifles.

J’ai exactement le même sentiment pour l’instant ici, en Suisse, comme dans la question. Une pièce au fond d’un mixer. And finally I want to get out. Parce que maintenant je sais où je veux aller, et je sais aussi que tôt ou tard, ce mixer qui tourne super vite et fait énormément de bruit va s’arrêter. And what’s next? C’est ça qui est vraiment intéressant.

Ce que j’ai appris pendant ces deux années en Suisse:

 

Accept what you have, and make the best out of it.

Want it? Then no more excuses. Just go for it!

 

Le succès n’est pas évident, mais ce n’est même pas ça qui compte vraiment. Ce qui est le plus important, c’est le fait d’essayer, et de continuer, même après une énorme gifle. No matter what. 

 

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25/05/2014

BUZZ

It’s been a while. Je n’ai pas écrit depuis un moment. J’attendais. Bêtement. Au départ, quand j’ai eu la possibilité d’écrire ici, je voulais le faire parfaitement, j’ai toujours raconté la vérité, mais je n’osais pas forcément tout dire, et j’attendais que ma situation soit bien stable, ainsi j’aurais pu raconter de belles histoires de la vie en Suisse. But life is not like this. Rien n’est parfait, rien ne sera jamais "parfaitement parfait", et je vous jure, si on attend quelque chose, ou quelqu’un que l’on croît parfait, on peut très bien passer à côté de tout ce qui compte vraiment dans la vie. Je ne veux plus passer à côté de l’essentiel. Disons qu’en ce moment ma situation est encore assez difficile, mais à vrai dire, j’en suis reconnaissante, et je fais de mon mieux. J’aime beaucoup écrire, alors enfin j’ai pris le courage de commencer vraiment mon blog, et écrire d’une vie pas du tout parfaite, mais d’une vie vraie. So let’s tell everything.

J’ai fait l’université en Hongrie, j’ai étudié 5 ans pour devenir professeur de français, j’ai travaillé dans deux écoles de langues pour financer mes études. Expliquer la grammaire, faire et corriger des tests, apprendre en enseignant, fouiller dans les livres de grammaire, lexique, orthographe, chercher des informations sur l’internet, apprendre des nouvelles expressions, voir l’évolution de mes élèves, les connaître de mieux en mieux, je l’adorais. La Hongrie par contre est un pays très difficile à vivre ces temps. En fait, j’en ai eu assez marre du pouvoir politique hongrois, qui est en train de détruire son propre peuple. Ça sonne triste, mais c’est la vérité. Alors j’ai fini mes études, et je suis partie.

Puis voilà,la Suisse, un pays que je respecte beaucoup, un pays que j’aime profondément, un pays où j’ai commencé à me sentir en sécurité, pour la première fois dans ma vie. Alors où est le problème?

Je commence vraiment à penser autrement. Ce n’est plus un problème, mais une difficulté à résoudre. Vous savez, je pouvais passer des heures avec la langue française, I am crazy about it, et quand je faisais mes études et je travaillais dans l’enseignement, j’avais ce petit sentiment que j’appelle mon "buzz"....Le petit sentiment qui te dis que tu fais quelque chose que tu aimes profondément. Je me suis dit, ok, je viens en Suisse, j’essaie de perfectionner mon niveau, et plus tard je vais essayer de me trouver un job comme enseignante, ou dans un autre domaine qui me plaît. Avant, j’avais vraiment ce petit buzz. J’allais à l’université, j’allais bosser, j’écrivais mon mémoire, je sortais avec mes amis, j’écrivais, j’étais vraiment comme une petite abeille. Ici, je travaille actuellement comme éducatrice, et il faut savoir que j’aime beaucoup mon groupe, je suis pas mal attachée à eux, ce n’est même pas ça, mais je me suis rendue compte de quelque chose. Ce n’est pas vraiment fait pour moi.

La parole de la chanson que j’écoute récemment beaucoup dit: 

"Now, I ain’t much of a poet but I know somebody once told me

To seize the moment and don’t squander it

'Cause you never know when it all could be over tomorrow"

And if it’s over tomorrow, I would like to do what I love today. Changer de pays sans rien au départ, c’est déjà assez intéressant. Essayer de changer complètement de métier dans un pays étranger, ça c’est très intéressant….Alors me voilà, en Suisse, dans le pays que j’aime, avec le désir de vouloir reprendre des études et d’apprendre un  tout nouveau métier. Je vais en parler prochainement. En français on dit: qui n’ose rien n’a rien. Alors je continue, j’essaie de trouver la solution. J’aimerais vraiment pouvoir trouver ma place ici, d’abord cela venait de l’amour pour le pays, mais maintenant, il y a autre chose aussi, qui est beaucoup plus important. Ça m’a pris deux ans, mais enfin j’ai trouvé des amis ici en Suisse. De vrais amis. Ils font partie de ma vie, et je n’aimerais pas les perdre. Alors j’ai presque tout trouvé ici, sauf cette petite porte professionnelle. But I keep looking. And for the first time since I am here, at least I feel, I am not alone….